7 questions à... Jacques SALOGNON, président fondateur du groupe Deveryware

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7 questions à... Jacques SALOGNON, président fondateur du groupe Deveryware
 

Interview du président fondateur du groupe Deveryware, Jacques SALOGNON, réalisée par Théo Zuili du Monde de la Sécurité

Publiée le 20 avril 2021 à 12h00

 

Qu’est-ce que le groupe Deveryware, et pourquoi l’avez-vous fondé ?

J’ai créé Deveryware en 2003 avec mon associé Thierry Bathias notre directeur technique. Aujourd’hui, Deveryware est un groupe 100 % français qui intervient dans la sécurité régalienne, civile et privée. La géolocalisation en temps réel est clairement notre ADN historique, cette technique est très utilisée par les forces de l’ordre dans le cadre de leurs enquêtes, qu’elles soient judiciaires ou administratives. Environ 2500 services de polices, de gendarmerie et des douanes utilisent nos services au quotidien. Nous avons plusieurs filiales à l’international : sur l’Amérique du Nord et du Sud, l’Afrique et l’Europe et nous avons, par croissance externe, intégré plusieurs sociétés dont Tracip, Resiliency, Crisotech et Oak Branch.

En 2001, quand les opérateurs de téléphonie ont annoncé la commercialisation de la géolocalisation des téléphones mobiles nous nous sommes immédiatement lancés dans ce nouveau domaine avec une stratégie très claire, créer une plateforme technologique incontournable pour le développement d’applications métier liées à la géolocalisation temps réelle de téléphones mobiles ou de systèmes embarqués de type GPS.

A des fins de démonstration de notre plateforme, Thierry Bathias, ingénieur de formation, a développé une petite application qui montrait la localisation de mon téléphone portable en moins de trois secondes à l’aide d’un simple navigateur web. C’est cette petite application de démonstration « Deveryloc » qui a séduit les forces de l’ordre, notamment celles du SRPJ de Versailles.

Au fil des années « Deveryloc » s’est enrichie de fonctionnalités toutes issues d’une collaboration étroite entre les utilisateurs (OPJ) et Deveryware. Grace à cette co-construction l’application est aujourd’hui très utilisée, très efficace dans l’élucidation des affaires et plébiscité par les enquêteurs. Nous étions parmi les pionniers du développement d’applications web, ce qui a fait le succès de ce service utilisable avec un simple navigateur et un accès internet.

Comment avez-vous fait cette transition entre une entreprise qui fournit une technologie de géolocalisation en temps réel à un pôle d’expertise complet ?

Au départ quand on a proposé aux forces de l’ordre nos services dans la géolocalisation en temps réel des téléphones mobiles, nous sommes rapidement et naturellement arrivés dans le monde de l’enquête. Avec le développement de la collecte d’informations numériques issue de la géolocalisation mais également d’autres sources. Nous avons compris rapidement que nous devions répondre à des besoins d’analyse et de croisement de données. Pour répondre à ce besoin nous avons d’une part développé d’autres produits comme DeveryAnalytics Investigation et Telephony Data et d’autre part en proposant des outils complémentaires en rachetant des entreprises comme Tracip et Oak Branch.

Quelle est la place de l’innovation dans le groupe Deveryware ?

L’innovation fait partie de nos valeurs depuis le début de notre existence lorsque nous avons intégré notre premier pôle de compétitivité parisien Systematic. C’est à cette époque que nous avons commencé à travailler sur des projets coopératifs de recherche financés. Depuis nous avons coopéré à de nombreux projets de types ANR ou H2020 ce qui nous a conduit à créer un Lab Innovation à Madrid très orienté sur « l’appel d’urgence » et un autre à Paris notamment dans l’IA.

Deveryware investit chaque année près de 10% de son CA dans la R&D. Dans un domaine très technologique comme le nôtre l’innovation reste la clé de notre avenir.

Pourquoi avoir fait le choix de l’international ? Comment vous adaptez-vous aux problématiques des autres pays ?

En France, nous sommes la seule société qui intervient auprès de l’État pour la géolocalisation judiciaire, je dirais donc que dans ce domaine nous avons déjà une grosse part du marché national. Notre relais de croissance se situe donc à l’international, c’est ce qui nous a amené à créer plusieurs filiales à l’étranger. Nous avons d’abord créé Deveryware Afrique, ensuite une filiale à Montréal, en Argentine et en Europe (Espagne et UK). Chaque pays a une réglementation différente dans la doctrine d’emploi des technologies d’investigation, c’est la raison pour laquelle nous devons être présents avec une entité locale pour répondre à ce besoin, notamment avec un modèle économique différent de la France en proposant une plateforme « on-premise » sous licence afin que les données restent localisées dans le pays d’origine.

En Europe, il n’y a pas réellement d’équivalent aux services que nous proposons. Tous les pays font de la géolocalisation, mais la plupart l’utilisent dans le monde du renseignement et non dans celui du judicaire. Par ailleurs la valeur ajoutée de notre solution qui lui permet de se différencier, réside dans une approche industrielle du produit ou plusieurs milliers d’utilisateurs peuvent accéder simultanément à la géolocalisation en temps réel. C’est vraiment cette particularité que je n’ai rencontrée nulle part dans les états que j’ai démarchés. La vision de ce service en mode SaaS on la doit à Thierry Bathias, directeur technique et co-fondateur de Deveryware.

Notre filiale Tracip rencontre également un certain succès à l’international, notamment en Algérie avec ses produits « forensics » et dans d’autres pays avec les laboratoires mobiles qui permettent d’obtenir des traces ADN en moins de deux heures. En France ils ont été déployés, sur les théâtres d’opérations des catastrophes comme notamment le crash de l’avion A320 de la Germanwings dans les Alpes ou lors de l’attentat de Nice où il était nécessaire d’identifier rapidement des victimes.

Quelles sont les plus récentes actualités de Deveryware et ses filiales ?

La dernière actualité est l’appel d’offres de la gendarmerie que nous avons remporté concernant la fourniture d’un logiciel d’analyse des données de téléphonie. Notre filiale Crisotech a également accompagné le premier exercice militaire spatial en Europe, mené par la France le mois dernier, en collaboration avec le CNES. On a eu la chance d’avoir la visite du Président de la République. Cette société que nous avons acquise en juillet 2020 est très prometteuse.

On est aussi très fiers de figurer dans le palmarès 2021 des 500 champions de la croissance en France. On fait également partie du Panorama du top 250 des Editeurs de logiciels français.

La crise sanitaire a-t-elle eu un impact sur votre groupe ?

On a une croissance particulièrement forte dans ce contexte particulier. Nos progressions sont très importantes : en 2020, nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 37,2 millions d’euros, soit une progression de 16,25 % de croissance par rapport à 2019. Nous sommes sur la même pente pour 2021. Depuis 2018, nous avons une progression de presque 77 %. Le groupe a beaucoup changé ces dernières années.

Nous étions bien préparés à la transition au télétravail ce qui a permis une continuité de l’exploitation de l’entreprise et de contribuer, je pense, à cette belle croissance. Par ailleurs nous sommes sur un marché porteur où l’insécurité est en forte augmentation et où la crise de la Covid a permis également de soutenir la croissance de notre filiale Crisotech.

Comment voyez-vous l’avenir du groupe Deveryware ?

Le groupe a un bel avenir notamment grâce à son développement à l’international ou tout reste à faire pour Deveryware. Notre stratégie de croissance externe va également permettre au groupe de se développer. En France nous avons quelques pépites qui font des produits haut de gamme utiles pour l’investigation et les enquêtes. C’est passionnant car la technologie ne s’arrête pas et les start-up développent et innovent dans ce domaine. L’évolution de la technologie entre 2001 et 2021 a été extraordinaire et nous comptons bien participer à celle qui est devant nous avec des partenariats ou des prises de participation. En résumé, l’avenir et la croissance du groupe Deveryware se trouve principalement à l’international et dans la croissance externe ce qui est l’objectif depuis notre levée de fonds il y a deux ans.

 

Le parcours de Jacques Salognon 

Jacques Salognon est le Président Directeur général et fondateur de Deveryware, créée en 2003. En 1991, il fonde la société JBF Télécommunications, entité spécialisée dans l’intégration de services en réseaux et télécommunication.

 

 

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