Accès espace professionnel

NOS OFFRES PRO : Référencement & Visibilité

[C’est quoi...] Frontex, la critiquée « forteresse européenne »

Facebook Twitter Linkedin Imprimer

[C’est quoi...] Frontex, la critiquée « forteresse européenne »

L’agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes est chargée du contrôle des frontières extérieures de l’espace Schengen. Appelée Frontex, elle et sa longue histoire sont vivement critiquées.                                                            

 

 

 

Par Théo Zuili du Monde de la Sécurité

Publié le 10 juin 2021 à 15h20

 

L’agence Frontex a été créée en 2004 pour répondre aux problèmes relatifs aux frontières de l’Union européenne, comme le terrorisme ou encore le passage de migrants. Alors appelée « Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures », son budget était de 19 millions d’euros en 2006. Elle avait pour mission de réguler les frontières extérieures de l’espace Schengen. L'agence dispose alors d'un système de recueil des données, analysées en temps réel, pour ajuster l’allocation de ses ressources et analyser les risques. Frontex coordonne les États membres lors d’opérations conjointes aux frontières extérieures aériennes, maritimes et terrestres de l'Union. Son rôle est d’uniformiser la régulation des flux rentrant dans l’Union.

Frontex propose également aux différents gardes-frontières les dernières innovations technologiques pouvant répondre à leurs besoins. L'agence dispose d’une force de réaction rapide (RABITs) composée d'un vivier de gardes-frontières européens qu’elle déploie en cas de crise grave à l'une ou l'autre des frontières extérieures de l'Union.

Une refonte en 2016

Face à la crise de la gestion des migrants en 2015 et 2016 en mer Méditerranée, un règlement est proposé par la Commission le 15 décembre 2015 afin de créer un Corps européen de gardes-frontières et de gardes-côtes. Adopté le 14 septembre 2016, le règlement entre en vigueur le 6 octobre 2016. Il remplace alors l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures, qui devient l’Agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes, toujours connue sous le nom de Frontex.

L’objectif est d'appliquer une version réformée et renforcée de l’ancien dispositif. Selon Frontex, « le soutien assuré par l’Agence aux frontières extérieures aide à garantir la liberté de circulation sans contrôle aux frontières intérieures, ce que beaucoup d’Européens considèrent comme une chose acquise ». Ses objectifs, redéfinis, sont depuis lors les suivants : réduire la vulnérabilité des frontières extérieures grâce à une connaissance globale de la situation, garantir le bon fonctionnement et la sécurité des frontières de l’Union et planifier et maintenir les capacités du corps européen de gardes-frontières et de gardes-côtes.

Le Français Fabrice Leggeri, directeur exécutif de Frontex, l’affirme : « Nous travaillons sans relâche pour devenir un partenaire de plus en plus fiable et proposer divers services aux pays de l'UE. Notre empreinte opérationnelle grandissante aux frontières extérieures de l’UE sera étayée par des bureaux régionaux implantés dans toute l'Europe. »

Depuis sa création, l’agence a donc vu s’élargir ses compétences et son budget augmenter, passé de 19 millions d’euros en 2006 à 460 millions l’année dernière. Elle garde son rôle de coordinatrice des efforts souverains de sûreté des frontières extérieures de l’Union.

Vers son abolition ?

Pourtant, malgré l’importance des moyens alloués, l’agence se révèle « peu efficace » selon la Cour des comptes européenne. Cette dernière constate « des lacunes et des incohérences dans le cadre régissant l’échange d’informations ». L’agence est critiquée sur le fait de ne pas analyser ses performances ou l’impact de ses activités, ainsi que de ne pas fournir d’informations sur le coût réel des opérations conjointes menées.

En 2021, les eurodéputés soupçonnent également Frontex d’avoir participé à des renvois forcés de migrants. En avril dernier, le Parlement européen a ainsi refusé d’approuver le budget de l’Agence.

Plusieurs organisations demandent à supprimer Frontex depuis les premières polémiques peu après sa création. Ce mercredi 9 juin, une campagne regroupant plus de 50 associations et activistes, comme Sea Watch, Mediterranea ou l’activiste Carola Rackete, a démarré avec cet objectif. Le collectif Abolir Frontex a organisé plusieurs actions en dénonçant que « depuis 1993, la politique de la ‘forteresse européenne’ a provoqué 40 000 morts. »

La mission de Frontex devrait pourtant se poursuivre. Il est prévu que l’agence augmente ses effectifs en passant des 750 personnes actuellement à 10 000 avant 2027.

 

 

Abonnez-vous à la page LinkedIn Le Monde de la Sécurité pour suivre toutes nos publications.

 

Articles similaires
[Décryptage] La fin de l’opération Barkhane

[Décryptage] La fin de l’opération Barkhane

Vendredi 11 Juin 2021 | Catégorie : International
[Décryptage] Qui protège les océans ?

[Décryptage] Qui protège les océans ?

Mardi 08 Juin 2021 | Catégorie : International
[Décryptage] La NSA, les oreilles des Etats-Unis

[Décryptage] La NSA, les oreilles des Etats-Unis

Jeudi 03 Juin 2021 | Catégorie : International
Recevez nos newsletters
Recevez nos newsletters
Pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits, veuillez consulter notre Politique de gestion des données personnelles.
SUIVEZ NOUS
  • Linkedin
  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Instagram
Archives
Professionnels : inscrivez-vous !

Vous souhaitez référencer votre entreprise dans notre annuaire 

ou vos produits dans notre catalogue d’équipements ? 

Vous souhaitez annoncer votre prochain événement ? Faire paraître une offre d'emploi ?

Pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits, veuillez consulter notre Politique de gestion des données personnelles.
Suivez-nous