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[Décryptage] L’affaire Raddad, Omar n’a pas tuer ?

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[Décryptage] L’affaire Raddad, Omar n’a pas tuer ?

Près de 30 années après les faits, l’affaire Omar Raddad n’a pas encore livré tous ses secrets. Par le biais de son avocate, une requête en révision va être déposée ce jeudi sur la base de nouvelles analyses des quatre traces d'ADN.                         

 

 

 

Par Ugo Maillard du Monde de la Sécurité 

Publié le 22 juin 2021 à 14h59

 

Omar Raddad bientôt innocenté ?  L’affaire Omar Raddad va connaître un nouveau rebondissement. Une demande de révision s'appuyant sur les analyses ultérieures d'un expert, rendues en 2019 et dévoilées lundi par Le Monde, va être transmise ce jeudi. Ce rapport conclut à la présence d'une trentaine de traces d'un ADN complet masculin n'appartenant pas au jardinier et trouvées dans l'une des inscriptions faites avec le sang de la victime qui désignaient Omar Raddad comme le meurtrier. Pour expliquer leur présence, l'expert pencher vers des "hypothèses de transfert primaire direct ou indirect au moment des faits", précise à l'AFP l'avocate d'Omar Raddad. Concrètement, l'ADN aurait potentiellement été déposé par l'auteur du message.

En 1991, Ghislaine Marchal est assassinée dans le sous-sol de sa villa de Mougins dans les Alpes-Maritimes. Lorsque les enquêteurs pénètrent dans le domicile de Mme Marchal, ils découvrent une inscription avec du sang faisant office d’encre. Le message est clair et limpide : « Omar m’a tuer ». Les enquêteurs n’ont pas besoin de recherches très profondes pour trouver qui est ce fameux « Omar ».

Ghislaine Marchal était la fille d’un industriel et la veuve d’un riche propriétaire d’une célèbre entreprise d’équipement automobile. Dans sa résidence de Mougins, elle employait un jardinier du nom d’Omar Raddad. Très vite les enquêteurs en charge de l’affaire vont orienter leurs soupçons vers le jeune marocain. Au terme de l’enquête, il est condamné en 1994 à 18 ans de réclusion, sans possibilité de faire appel à l'époque.

Une grâce présidentielle

À l’instant du verdict, la stupeur a envahi la salle. La décision de la cour d’assisses fut très critiquée, tant en France qu’au Maroc, où elle souleva la colère de la population. En France, la peine prononcée à l’encontre d’Omar Raddad va contribuer à relancer le débat sur la réforme de la cour d’assises, accusée de prononcer de lourdes condamnations sans preuves et sans possibilité de faire appel. Dix-huit avocats font paraître une déclaration, dès le 5 février, pour dénoncer la condamnation d’Omar Raddad « sans charge suffisante » et réclamer un nouveau procès. À la suite de quoi l’Union syndicale des magistrats s’indigne de cette déclaration et fustige « une petite minorité d’avocats politisés et avides de publicité » qui dénigrent la justice.

La défense d’Omar Raddad malgré sa condamnation ne va pas s’arrêter là. De nombreux intellectuels et hommes politiques vont prendre la défense du jardinier marocain. Sur un fond de racisme, d’enquête bâclée et de mystère non résolu, Jacques Chirac alors président de la République décide de gracier partiellement Omar Raddad. À l'issue d'une campagne de presse menée par son avocat Jacques Vergès et l'écrivain Jean-Marie Rouart, Omar Raddad est libéré le 4 septembre 1998. Il a eu un comportement irréprochable en détention, d'où l’avis favorable émis en février de cette année-là par le comité consultatif de libération conditionnelle. Omar Raddad retrouve la liberté dans le cadre d'une mesure de libération conditionnelle pour éviter toute récidive.

En 2000, une nouvelle expertise est demandée en ce qui concerne l’ADN. Au terme d’un an d’enquête, les experts ont déclaré que l’ADN retrouvé sur les portes de la chaufferie n’est pas celui d’Omar Raddad. En 2015, après une énième expertise, quatre ADN masculins sont extraits de la porte sur laquelle était écrit « Omar m’a tuer ». Ce rapport démontre que l’ADN n’appartient pas à Omar Raddad. Il faudra attendre quatre ans pour qu’une contre-expertise soit lancée pour déterminer qui sont les propriétaires de ces ADN.  Il aura fallu presque 30 années après l’assassinat de Madame Marchal pour qu’Omar Raddad puisse enfin toucher de près à son acquittement. Omar, lui, l’a toujours dit, il est innocent.

 

 

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