Accès espace professionnel

NOS OFFRES PRO : Référencement & Visibilité

[Décryptage] Le monde pénitentiaire français

Facebook Twitter Linkedin Imprimer

[Décryptage] Le monde pénitentiaire français

L’univers carcéral intrigue par son huis clos et agite régulièrement l’opinion publique sur les conditions de vie en détention, tantôt inhumaines, tantôt laxistes. Entre mythe et réalité, retour sur l’organisation du monde pénitentiaire et ses chiffres clés.

 

 

 

Par Zoé Robert-Ejner du Monde de la Sécurité 

Publié le 29 juin 2021 à 09h59

 

904. 904 est le nombre de matelas entreposés au sol pour que les détenus puissent être accueillis. Au 1er juin 2021, 66.591 personnes étaient écrouées tandis que l’intégralité des établissements pénitentiaires français ne compte que 60.714 places opérationnelles. Les établissements pénitentiaires font face à une surpopulation carcérale systémique, avec un taux de densité carcérale de 109,5 %, s’élevant même à 128,6 % pour les maisons d’arrêt.

Maison d’arrêt, centre de détention, maison centrale… Quelles différences ?

Les établissements pénitentiaires sont au nombre de 187 sur l’ensemble du territoire français. Pour autant, tous ne remplissent pas les mêmes fonctions et n’accueillent pas les mêmes profils de détenus. Les établissements pénitentiaires sont scindés en deux grandes catégories.

Tout d’abord, 86 maisons d’arrêt ont pour fonction de recevoir tous les prévenus et accusés qui ont été placés en détention provisoire dans l’attente d’un jugement ainsi que les individus condamnés à une peine n’excédant pas deux ans. C’est alors en ces lieux que la densité carcérale se trouve être la plus élevée.

Puis, nous retrouvons les établissements pour peines qui peuvent être des centres de détention, des centres pénitentiaires, ayant la particularité d’héberger deux types de quartiers différents ou encore des centres de semi-liberté. Tous ont pour point commun d’être des établissements réservés aux personnes condamnées définitivement.

Enfin, les maisons centrales, au nombre de 6, retiennent en leur enceinte les détenus condamnés à de longues peines et/ou représentant de forts risques pour la sécurité d’un établissement. Ici, la détention est axée principalement sur la sécurité maximale pour éviter des incidents majeurs.

Privation de liberté et réinsertion sociale

Les établissements pénitentiaires ont deux missions principales. La première est évidente et connue de tous : prendre en charge les personnes placées sous main de justice. De ce fait, le milieu carcéral participe activement à l’exécution des décisions pénales en surveillant les personnes écrouées, tout en veillant au respect des règles de détention et à la sécurité et à la dignité des détenus.

La seconde mission de l’administration pénitentiaire est la réinsertion sociale. Ainsi, de nombreuses actions sont menées en détention, et notamment par les services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP), pour préparer chaque détenu à sa sortie en l’aidant à se réinsérer dans la société, et ce pour notamment éviter les risques de récidive. Pour mener à bien cette seconde mission, les détenus sont accompagnés dans leurs démarches de formation, de scolarisation, d’hébergement ou encore de recherche d’emploi. Cette réinsertion est aussi bien menée pour les personnes détenues en milieu fermé que pour les personnes suivies en milieu ouvert (15.409 personnes au 1er juin 2021). Ces dernières ont alors pu bénéficier d’aménagements de peines ou de peines alternatives telles qu’un placement sous surveillance électronique ou des travaux d’intérêt général.

L’administration pénitentiaire, une institution bien rodée

Pour mener à bien ces missions, les établissements pénitentiaires appliquent des directives émanant des plus hauts sommets de l’État. En effet, la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP) est placée depuis 1911 sous l’égide du ministère de la Justice, et constitue une de ses cinq sous-directions. La DAP est alors dirigée par le directeur de l’administration pénitentiaire, Laurent Ridel. Celui-ci dirige alors l’administration centrale, chargée d’élaborer la politique pénitentiaire, mais également le Service national du renseignement pénitentiaire, véritable outil pour faire parler les murs de la détention. De plus, la DAP a sous son autorité les directions interrégionales des services pénitentiaires (DISP). Ces DISP sont au nombre de 9, auxquelles s’ajoute une mission outre-mer, et ont autorité sur tous les établissements pénitentiaires et SPIP relevant de leur ressort géographique.

Les établissements pénitentiaires sont quant à eux dirigés par un directeur des services pénitentiaires, qui est chargé d’appliquer la politique pénitentiaire au sein de son établissement. Pour ce faire, celui s’appuie sur les SPIP, comptant environ 5.600 personnels, mais également sur un corps de personnel de surveillance. Ces surveillants, au nombre de 30.000, sont en contact permanent et direct avec les détenus. Ils sont alors en charge de la sécurité de l’établissement et des personnes incarcérées.

En cas de forts troubles en détention, les équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS), composées de personnels de surveillance, peuvent intervenir rapidement afin de rétablir l’ordre. Ces équipes peuvent également intervenir dans un but dissuasif lorsque des mouvements collectifs sont déclenchés, ou pour venir renforcer le dispositif de transfèrement des détenus. Ces « forces spéciales » de la pénitentiaire sont mobilisables 24h/24 et 7j/7.

L’organisation de la détention

Les établissements pénitentiaires sont organisés en quartiers afin de séparer les différents profils de détenus. Ainsi, des établissements pénitentiaires vont accueillir des détenues femmes ou des mineurs, qui seront placés dans des quartiers spécifiques. Nous retrouvons également un quartier destiné aux arrivants afin de les évaluer et pour faire en sorte que l’entrée en détention ne soit pas trop radicale. De plus, chaque détention possède un quartier d’isolement, permettant d’écarter un détenu du reste de la détention pour sa sécurité ou pour celle des autres. Le quartier disciplinaire, quant à lui, représente une sanction pour le détenu qui y est placé, au maximum 30 jours consécutifs à la suite d’un comportement ne respectant pas les règles de la détention.

Des quartiers plus spécifiques existent au sein de certains établissements, tels que des quartiers d’évaluation de la radicalisation, prenant en charge les détenus radicalisés et très souvent fichés comme détenu particulièrement signalé (DPS). Des unités pour détenus violents sont également mises en place afin de conduire des programmes de désengagement de la violence. Il est également possible de trouver des unités appelées « module respect », où les détenus sont plus libres de leurs mouvements qu’en détention classique.

Chaque établissement pénitentiaire possède sa propre organisation, mais il est possible de retrouver des activités communes. Ainsi, tous les détenus peuvent avoir accès à un travail, que ce soit pour des concessions (fabrique de pièces détachées, de bijoux, etc) ou au service général, chargé des tâches quotidiennes en détention comme le ménage ou la cuisine. Des formations professionnelles y sont également proposées, tout comme des cours scolaires pour les détenus en faisant la demande. Des activités physiques et culturelles, comme du théâtre, du sport, de la lecture, des visites de musée ou des nettoyages d’espaces urbains peuvent également être proposées par certains établissements. Toutefois, les places sont rares et soumises à de nombreuses conditions, et bon nombre de détenus passent leurs journées entre cellule et promenade, à raison de 2 heures par jour.

 

 

Abonnez-vous à la page LinkedIn Le Monde de la Sécurité pour suivre toutes nos publications.

 

Articles similaires
[Décryptage] Le juge d’instruction, au cœur de l’enquête

[Décryptage] Le juge d’instruction, au cœur de l’enquête

Vendredi 15 Octobre 2021 | Catégorie : Justice
[Décryptage] La fin du rappel à la loi, quels objectifs ?

[Décryptage] La fin du rappel à la loi, quels objectifs ?

Mardi 28 Septembre 2021 | Catégorie : Justice
Recevez nos newsletters
Recevez nos newsletters
Pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits, veuillez consulter notre Politique de gestion des données personnelles.
SUIVEZ NOUS
  • Linkedin
  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Instagram
Archives
Professionnels : Offrez une vitrine à votre activité !

Profitez de nos pages vitrines haut de gamme pour présenter votre société dans notre Annuaire /vos matériels et solutions dans Équipement /vos événements dans notre Agenda.

Diffusez vos Offres d'emploi auprès de notre communauté ciblée.

Distinguez-vous & gagnez en notoriété en occupant des espaces publicitaires privilégiés.

Pour tous vos besoins de rayonnement et de communication, Le Monde de la Sécurité vous propose des solutions à vos mesures

Pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits, veuillez consulter notre Politique de gestion des données personnelles.
Suivez-nous