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[Décryptage] La généralisation des caméras piétons

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[Décryptage] La généralisation des caméras piétons

Le recours aux caméras piétons nouvelle génération sera effectué dès ce jeudi. En quelques mois, nous serons alors en mesure de constater si ce petit boitier mobile contribue de manière efficace à l’apaisement et à l’amélioration des relations entre la police et la population.

 

 

Par Ugo Maillard du Monde de la Sécurité 

Publié le 30 juin 2021 à 15h49

 

Le 14 juillet 2020, Emmanuel Macron annonçait vouloir généraliser les caméras piétons, dans le but de « rétablir la confiance entre la population et la police ». Une volonté que le ministre de l’Intérieur, Gerald Darmanin, s’est empressé d’appliquer en affirmant que la Police Nationale et la Gendarmerie nationale bénéficieront de ce dispositif dès le 1er juillet 2021.

L’utilisation de caméras piétons n’est pas nouvelle. En effet, des expérimentations ciblées ont été menées en 2009 lorsque Brice Hortefeux était ministre de l’Intérieur. En 2013, ce dispositif est mis à l’épreuve dans plusieurs zones de sécurité prioritaires, mais ce n’est qu’avec la loi du 3 juin 2016, également appelée loi Urvoas, que les caméras piétons sont réellement déployées.  Celles-ci sont fixées sur les épaules ou les torses des fonctionnaires, et leur utilisation permet de filmer une intervention lorsque les policiers et les gendarmes sentent que la situation est en passe de se dégrader. Elles sont actuellement au nombre de 10.700 au sein des brigades de gendarmerie et des commissariats, mais nous allons voir que celles-ci sont très souvent laissées au placard.

Quels sont les objectifs de ce dispositif ?

La caméra piéton a plusieurs utilités. Elle représente aux yeux du Président de la République « l’outil le plus adapté » « pour retracer les faits ». Ainsi, l’utilisation de caméras piétons contribue à produire des preuves pour les autorités judiciaires en cas de litige. De plus, le gouvernement n’exclut pas la possibilité d’utiliser ces images à des fins de lutte contre la désinformation et contre les images circulant à l’insu des forces de l’ordre sur les réseaux sociaux. Les enregistrements des caméras piétons seraient alors un moyen d’obtenir plusieurs angles de vues d’une situation non conforme.

L’utilisation des caméras piétons a démontré que l’enregistrement permettait de désamorcer une situation tendue entre les forces de l’ordre et un ou des individus. L’objectif du président de la République est que la généralisation des caméras puisse apaiser les tensions entre la police et la population. La caméra piéton est aussi un moyen d’identifier de manière formelle des individus, des véhicules, des conversations ou tout autre élément utile lors d’une enquête. Toutefois, cette utilisation est conditionnée à la qualité visuelle et sonore de l’appareil.

Des caméras nouvelle génération pour pallier un manque d’efficacité

Malgré l’investissement en 2018 dans près de 10.700 caméras piétons, pour un coût total de 2,4 millions d’euros, le dispositif ne convient pas et n’est pas utilisé. Le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, reconnait lui-même que « ce matériel est défectueux », et que la police ne s’en sert pas.

En premier lieu, les policiers et gendarmes porteurs de ce dispositif dénoncent un manque considérable de batterie. Ainsi, les caméras achetées en 2018 à Hikvision, une société chinoise, sont en capacité de filmer sur une durée de 2h maximum, alors même que les patrouilles de police et de gendarmerie durent généralement 8h. En deuxième lieu, la qualité des images est médiocre, ne permettant pas d’obtenir une résolution suffisante lorsque la météo n’est pas au beau fixe. Enfin, les policiers et les gendarmes porteurs des caméras piétons peinent à les fixer sur leur uniforme. Le gouvernement entend équiper la Police nationale et la Gendarmerie nationale de 30.000 caméras piétons d’ici 2022, avec près de 23.000 caméras déployées dès 2021. Le ministre de l’Intérieur souhaite également équiper les véhicules de patrouille afin que ceux-ci soient à même de filmer la voie publique lors des interventions.

 

 

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