Accès espace professionnel

NOS OFFRES PRO : Référencement & Visibilité

[Décryptage] Procès « Haurus » : un ex-agent de la DGSI condamné à sept ans de prison pour avoir vendu des informations sur le darknet

Facebook Twitter Linkedin Imprimer

[Décryptage] Procès « Haurus » : un ex-agent de la DGSI condamné à sept ans de prison pour avoir vendu des informations sur le darknet

Le tribunal correctionnel de Nanterre a rendu ce jeudi son jugement à l'encontre de l’ancien espion de la DGSI connu sous l’alias de « Haurus » sur le darknet pour y avoir vendu des informations confidentielles issues de fichiers de police protégés.

 

 

Par Théo Zuili du Monde de la Sécurité 

Publié le 22 juillet 2021 à 15h50

 

En juin, lors de quatre jours de procès, le parquet a requis 7 ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt contre Christophe Boutry, alias « Haurus », ancien policier affecté à l’unité judiciaire de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) accusé d'avoir vendu sur le darknet des informations confidentielles pour quelques centaines d’euros chacune, payées en cryptomonnaie. L’homme, âgé de 35 ans, a reconnu la quasi-totalité des faits reprochés : « détournement de leur finalité des fichiers et escroquerie par personne dépositaire de l’autorité publique », « fourniture et usage de faux administratifs », « contrefaçon de chèques », « mise en circulation de billets de banque contrefaits » et « tentative d’extorsion ».

Ce jeudi, le policier de la DGSI a été condamné à 7 ans de prison, dont deux avec sursis par le tribunal correctionnel de Nanterre.

« Mettre du beurre dans les épinards »

Brigadier de police, il a été interpellé le 24 septembre 2018 dans les locaux de la DGSI. Endetté, il aurait vendu des informations confidentielles telles qu’identités, adresses, géolocalisations téléphoniques et faux documents administratifs issus de fichiers de police auxquels il avait accès. Selon l'accusation, il aurait effectué 382 recherches illégitimes, dont certaines visaient des personnalités comme l'ex-footballeuse Laure Boulleau, l'animateur Thierry Ardisson, l'islamologue suisse Tariq Ramadan et une des femmes qui l'accusent de viol. L’homme est également jugé pour avoir effectué un véritable travail de faussaire, fournissant faux documents d'identité, relevés d'identité bancaire, chèques ou encore numéros de carte bleue, fabriqués de toutes pièces ou subtilisés.

Endetté, s’il a « trahi la République par un comportement inqualifiable », c’était pour « mettre du beurre dans les épinards ». Décrit par la procureure comme un homme « dénué de sens moral et de scrupules », il assure avoir « honte » et ne plus être celui qui a « sombré par facilité ». Son avocat avait défendu l’accusé : « Il n'y a pas une seule information concernant une enquête en cours qui a été vendue, ou même proposée ». « N'importe quel policier en France aurait pu avoir accès aux mêmes informations. » En effet, « Haurus » n’aurait divulgué aucune information extraite de la base de données de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Les proches dans la confidence

Le complice présumé de « Haurus » comparaissait à la même date que son compagnon. La procureure, qui l’accuse d'avoir eu « parfaitement conscience de la manière dont les ressources arrivaient dans le couple » requiert contre lui cinq ans de prison, dont trois avec sursis. Ce jeudi, il a été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis, mais relaxé du chef de complicité. Deux faussaires du darknet avec lesquels « Haurus » était en affaires sont également apparus à la barre, ainsi que deux de ses clients. Le parquet a requis un et deux ans de prison ferme contre les faussaires et quatre ans avec sursis et cinq ans d'emprisonnement ferme contre les clients. Ce jeudi, un de ces derniers, connu dans le milieu du banditisme marseillais, a été condamné à trois ans de prison avec mandat de dépôt « compte tenu des antécédents judiciaires ».

Mis en examen dans le volet marseillais de l’affaire

« Haurus » est également mis en examen en octobre 2020 par un juge d’instruction de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille pour « corruption passive et association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes en bande organisée ». Plusieurs figures du grand banditisme marseillais ont en effet été assassinées après des recherches faites sur eux par l’ancien policier. Ce volet de l’affaire est toujours en cours d’instruction.

 

▶︎ Abonnez-vous à la newsletter l'Hebdo du Monde de la Sécurité pour recevoir un condensé de nos publications chaque semaine dans votre boite mail. 

 

Articles similaires
[Décryptage] Le juge d’instruction, au cœur de l’enquête

[Décryptage] Le juge d’instruction, au cœur de l’enquête

Vendredi 15 Octobre 2021 | Catégorie : Justice
[Décryptage] La fin du rappel à la loi, quels objectifs ?

[Décryptage] La fin du rappel à la loi, quels objectifs ?

Mardi 28 Septembre 2021 | Catégorie : Justice
Recevez nos newsletters
Recevez nos newsletters
Pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits, veuillez consulter notre Politique de gestion des données personnelles.
SUIVEZ NOUS
  • Linkedin
  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Instagram
Archives
Professionnels : Offrez une vitrine à votre activité !

Profitez de nos pages vitrines haut de gamme pour présenter votre société dans notre Annuaire /vos matériels et solutions dans Équipement /vos événements dans notre Agenda.

Diffusez vos Offres d'emploi auprès de notre communauté ciblée.

Distinguez-vous & gagnez en notoriété en occupant des espaces publicitaires privilégiés.

Pour tous vos besoins de rayonnement et de communication, Le Monde de la Sécurité vous propose des solutions à vos mesures

Pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits, veuillez consulter notre Politique de gestion des données personnelles.
Suivez-nous