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[Un peu d’histoire] L’accident de Gonesse, la fin du Concorde

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[Un peu d’histoire] L’accident de Gonesse, la fin du Concorde

Le 25 juillet 2000, le Concorde, fleuron de l’aéronautique française et britannique, s’écrase deux minutes après son décollage et tue ses passagers et des civils au sol. Cet accident marque le début de la fin du mythe de l’oiseau blanc, après 24 ans d’exploitation.

 

 

Par Théo Zuili du Monde de la Sécurité

Publié le 26 juillet 2021 à 11h52

 

Au début des années 1960, des entreprises aéronautiques britannique, française, américaine et soviétique veulent construire le premier avion civil supersonique. C’est de cette envie que naît une coopération franco-britannique entre l'entreprise française Sud-Aviation et l'entreprise britannique Bristol Aeroplane Company. Seuls, bien que financés par leur gouvernement respectif, les coûts s’avèrent trop grands. C’est pourquoi, après un an de discussions, un traité de coopération est signé entre les deux parties le 29 novembre 1962. Le 13 janvier 1963, Charles de Gaulle suggère qu’on appelle ce futur avion supersonique le Concorde, une décision validée par le gouvernement britannique.

De l’assemblage à son premier envol

Le premier prototype, Concorde 001, est assemblé à partir de 1966 à Toulouse. Le 2 mars 1969, pour la première fois, vole dans le ciel cet avion supersonique. Le 4 novembre 1970, au cours de son 102e vol, il atteint la vitesse supersonique Mach 2, qu'il maintient pendant 52 minutes. Les démonstrations au grand public peuvent alors commencer. Lors de ces essais, il établit de nouveaux records de vitesse et d’altitude. Testé ainsi pendant plus de 5 000 heures de vol, dont plus de 2 000 à vitesse supersonique, il paraît, bien que très cher, sans faille. George Pompidou, alors président, effectue un voyage officiel à bord du prototype. Pour la coopération franco-britannique, l’avion a fait ses preuves et il est l’heure de faire un retour sur investissement.

Des ventes difficiles

Les commandes signées depuis 1961, au nombre de 69 en 1967, seront pour une grande partie annulée en 1973 en raison du choc pétrolier, des difficultés des compagnies aériennes, d’un accident d’un avion supersonique concurrent soviétique, et des problèmes environnementaux et sonores de l’avion. Seuls Air France et British Airways feront voler le Concorde. Le 10 octobre 1975, l’avion supersonique reçoit son certificat de navigabilité. Le Concorde est alors un fleuron de l’aéronautique et dispose d’innovations technologiques pionnières qui serviront à créer Airbus. Son premier vol commercial, effectué en simultané par les deux pays partenaires, a lieu en 1976 et est retransmis en direct à la télévision. 

 

La même année, le Concorde est autorisé à atterrir à Washington puis à New York en 1977. Auparavant interdit par le gouvernement états-unien en raison des nuisances sonores et environnementales, la décision est prise pour les avantages économiques qui en découlent.

Une difficulté à rentabiliser

Air France, qui desservait Rio de Janeiro, Caracas, Dakar, Mexico, Washington, Dallas et New York jusqu’en 1983, décide de seulement desservir New York pour mieux rentabiliser son appareil. En effet, en plus des frais d’assemblage et du coût de l’appareil, le prix de sa maintenance bat les records même en stationnement au sol.

Cependant, la compagnie aérienne organise des vols spéciaux appelés « charters » à la demande des entreprises et des agences de voyages ainsi que des tours du monde. Pour un mois de vol environ, les passagers font le tour du globe. En 1986, un tour de monde est réalisé en moins de 32 heures de vol, soit 17 jours avec les escales et ravitaillements.

Tel le mythe d’Icare

L’accident de Gonesse est la première avarie du Concorde qui entraîne des pertes humaines. Le 25 juillet 2000, un Concorde à destination de New York décolle de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Deux minutes plus tard, le roi du ciel s’écrase sur un hôtel de la commune de Gonesse. Les 100 passagers décèdent, ainsi que neuf membres de l’équipage et quatre personnes au sol. En 24 ans, l’avion c’était pourtant taillé la réputation d’être le plus sûr du monde.

 

Des débris de pneu sont retrouvés sur la piste. L’enquête judiciaire met alors en cause la fragilité des pneumatiques du Concorde, dont des dizaines de cas d’éclatement sont survenus depuis sa mise en service avec plusieurs cas de perforations d'un réservoir ou d'une aile en raison des débris. Le 25 juillet 2000, le pneu de l’appareil aurait éclaté en raison d’une lame métallique présente sur la piste, perdue par un appareil précédent. Un morceau des pneumatiques aurait ainsi été propulsé sur l’aile du Concorde, provoquant une fuite de carburant plus importante que lors des incidents précédents.

De nouvelles modifications et restrictions sont alors apportées au Concorde : un meilleur contrôle, une protection anti-perforation, des pneus plus résistants. Les places à bord sont réduites d’une dizaine, ce qui rend chaque vol moins rentable encore.

Le Concorde est retiré du service

Les compagnies aériennes espéraient faire encore voler le Concorde jusqu'en 2007 voire 2017, avant le drame. L’accident brise le mythe et la baisse constante des passagers, la hausse des prix des maintenances et plusieurs nouveaux accidents renvoient ces ambitions à la baisse. De plus, en 2001, alors que reprend l’exploitation de l’appareil, l’attentat du 11 septembre fait chuter le trafic aérien mondial et de nouvelles normes contre la pollution et le bruit apparaissent. Avec la hausse du prix du kérosène comme cerise sur le gâteau, British Airways et Air France annoncent simultanément le retrait de leurs Concordes en 2003, alors qu’Airbus avait annoncé ne plus assurer l'entretien du supersonique. Depuis, la place de ces appareils est dans les musées de l’aéronautique.

Un procès dix ans plus tard

Le 2 février 2010 s’ouvre le procès relatif à l’accident du Concorde dix ans auparavant, au palais de justice de Pontoise. Continental Airlines, compagnie aérienne à qui appartenait l’avion dont la lame métallique serait tombée, provoquant le drame du Concorde, est condamnée à une amende de 200 000 euros et à verser un million d'euros de dédommagement en faveur d'Air France. John Taylor, l’homme qui avait posé la lamelle en titane tombée sur la piste, est condamné à quinze mois de prison avec sursis, son chef d'équipe ayant été relaxé. En appel, le procès aboutit à la relaxe de Continental Airlines et de John Taylor sur le plan pénal, mais la condamnation de la compagnie aérienne américaine à verser un million d'euros à Air France est maintenue.

Bien que le Concorde n’ait pas été un succès commercial, il s'est révélé être une immense réussite technologique. Symbole fort de technologie, il est un symbole de fierté nationale. Ses innovations ont permis le succès du programme Airbus.

 

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