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[Vie de criminel] Sid Ahmed Rezala, le tueur des trains insaisissable

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[Vie de criminel] Sid Ahmed Rezala, le tueur des trains insaisissable

Sid Ahmed Rezala, soupçonné de l'assassinat de trois jeunes femmes à bord de trains de la SNCF, a échappé à toutes les polices avant d’être interpellé au Portugal et de se suicider en prison, échappant ainsi également à la justice. Retour sur le parcours de ce tueur en série français.

 

 

 

Par Théo Zuili du Monde de la Sécurité

Publié le 28 juillet 2021 à 12h02

 

Sid Ahmed Rezala est né en 1979 en Algérie. Enfant timide, il est l’objet de nombreuses moqueries des autres élèves à l’école. Âgé de 9 ans, il aurait été victime d’un viol collectif : « Ils sont tous passés sur moi, ils étaient sept ou huit, ils avaient entre 20 et 30 ans. En Algérie, quand ça t'arrive, tu ne peux en parler à personne. Si tu portes plainte, c'est la honte. Mais ça se passe plus souvent qu'on croit dans les quartiers. » Ses parents fuient la guerre civile en Algérie et la famille part donc en France, à Marseille. Sid Ahmed, dès son arrivée à Marseille, se lance dans la consommation de drogue et la petite délinquance. Il fugue, quitte l’école en quatrième, et est rapidement fiché par la police comme délinquant.

De délinquant à tueur en série

En 1995, Sid Ahmed viole un garçon à peine plus jeune que lui. À 16 ans, il est placé en détention provisoire, accusé de viol. Il est ainsi condamné à 4 ans de prison dont dix-huit mois ferme et trente mois de mise à l’épreuve. Il est incarcéré au quartier des mineurs de la prison de Luynes. Rezala fait l’objet d’une plainte pour viol déposée par un codétenu, mais elle est classée sans suite. L’homme s’en prend souvent à sa cellule et déclare être victime de crises d’épilepsie.

À sa sortie de prison, Sid Ahmed tente de se ranger, mais retombe rapidement dans la délinquance et la drogue. Il prend goût aux voyages en train, qu’il fraude systématiquement. Rezala vole une montre et est condamné à cent heures de travail d'intérêt général. Il tombe amoureux d’une Nadia, qui, elle, tombe rapidement enceinte. Il erre dans les trains de toute la France, jusqu’en Belgique ou aux Pays-Bas. Il vit de vols, de deal et de prostitution. Il est verbalisé 42 fois pour voyager sans billet à travers l’Hexagone. Sa fille vient au monde.

En 1998, il blesse un vigile de la SNCF et est condamné à une année de prison ferme par le tribunal correctionnel. Là, il fait à nouveau l’objet de plaintes d’abus sexuels, classées sans suite. Sa compagne le quitte. À sa sortie de prison, il tente à nouveau de revenir dans la légalité. Il entame une vague formation dans l'hôtellerie, tente de rentrer dans la Légion étrangère, le tout sans succès.

Le 13 octobre 1999, en gare de Limoges, Sid Ahmed sympathise avec une jeune britannique de 20 ans, Isabel Peake, étudiante en France. Dans le train en direction de Paris, Rezala tente de violer la jeune femme avant de la jeter, toujours vivante, par la fenêtre alors que le train roule à 140 km/h.

Le 29 octobre, il tue une autre étudiante de son âge, Emilie Bazin, dans son appartement à Amiens. La victime est frappée et étranglée après avoir eu une relation sexuelle avec son agresseur. Rezala se débarrasse du corps dans la cave de son immeuble, qu’il dissimule dans un drap sous un tas de charbon.

Le 14 décembre, dans les toilettes d’un train de nuit entre Calais et Vintimille, Rezala s’en prend à une mère de famille, Corinne Caillaux. Il lacère le corps de la trentenaire de quatorze coups de couteau avant de descendre en gare de Dijon en laissant derrière lui le cadavre ainsi que sa casquette pleine de sang.

Une enquête difficile

Le corps de l’étudiante anglaise est retrouvé le même jour que sa mort, le long de la voie ferrée Brive-Limoges-Paris. Les gendarmes de Limoges enquêtent alors sur cette mort épouvantable. Quand un contrôleur tombe sur la mère de famille morte dans les toilettes du train Calais-Vintimille, le train est arrêté et la police se lance à la recherche du tueur. Ils interrogent un contrôleur qui confirme avoir verbalisé un homme suspect : un certain Sid Ahmed Rezala domicilié à Marseille.

Un avis de recherche est lancé dans tout l’Hexagone, le lien entre les deux meurtres est immédiatement établi. Un portrait-robot est dessiné, il correspond à Sid Ahmed Rezala. Deux meurtres commis dans des trains, un casier bien rempli, et 42 amendes pour ne pas avoir de billet de transport. Les policiers de Dijon demandent à ceux de Marseille de se rendre au domicile familial où vivrait Sid Ahmed. Mais, le 16 décembre, l’information apparaît dans tous les journaux et un journaliste arrive au domicile familial avant la police. Mais Rezala n’est pas là, ses parents expliquent candidement qu’il est parti sans dire où, la veille.

Un matin, un jeune homme déclare au commissariat d’Amiens que son ex-petite amie aurait disparu, aperçue pour la dernière fois avec Rezala, dont la photo fait les Unes. La police parvient alors à trouver l’adresse de l’ancien appartement de Sid Ahmed. Sur place, rien de particulier. Mais il leur vient l’idée d’aller visiter la cave de l’immeuble. L’odeur les met sur la piste, le corps en décomposition de Emilie Bazin est retrouvé. Rezala est maintenant accusé de trois meurtres.

Les trois enquêtes, menées séparément, ralentissent les procédures. Le ministre de l’Intérieur crée donc une cellule de coordination. Mais Sid Ahmed Rezala, à qui ses parents effondrés demandent publiquement de se rendre, reste introuvable malgré les opérations de police impressionnantes. En effet, Rezala est parti depuis sa disparition le 15 décembre en Espagne. Il y est arrêté pour avoir volé un sac, mais est relâché le lendemain par la police espagnole qui ne fait pas le rapprochement avec l'avis de recherche lancé par la police française auprès des 178 polices liées à Interpol.

Des aveux, pas de procès

Le fuyard arrive au Portugal, où il est hébergé par une connaissance. Ce qui permet de le localiser, c’est les appels que passe Rezala vers la France pour avoir des nouvelles de sa famille et de sa fille. Un mandat d’arrêt international vers le Portugal est lancé. Rezala est interpellé alors qu'il s'apprêtait à se rendre à Madrid pour s'envoler vers les îles Canaries. Il est alors envoyé en prison.

Il ne dit rien à la police, ou presque. L'affaire Rezala n'est pas encore finie : il refuse son extradition. La France réitère la demande de rapatriement pour meurtre, les Portugais acceptent. Rezala tente alors de se suicider en prison et n'avoue plus rien lors des interrogatoires officiels. Mais il se confie à un journaliste du Figaro Magazine qui se fait passer pour son beau-frère pour obtenir un parloir avec Rezala. Il lui avoue les trois meurtres.

En plain match de l’Euro 2000, alors que le Portugal joue contre la France son match de demi-finale, Rezala met le feu à se cellule portugaise avant son extradition. Il décède en raison des inhalations de fumées. Il n’y aura jamais de procès, Rezala meurt alors innocent selon le droit.

 

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