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[Interview] G.B., membre de la cellule Audits et dossiers d'objectifs du GIGN

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[Interview] G.B., membre de la cellule Audits et dossiers d'objectifs du GIGN

Le GIGN réunit en son sein les forces intervention, observation-recherche et sécurité-protection, mais également de nombreuses cellules d’appui. Parmi celles-ci l’on trouve la cellule audits et dossiers d’objectifs (CADO). Le Monde de la Sécurité s’est entretenu avec G.B, l’un de ses membres.

 

Interview de G.B., membre de la cellule Audits et Dossiers d'Objectifs du GIGN, réalisée par Jean-Jacques, directeur de la publication du Monde de la Sécurité

Publiée le 16 novembre 2021 à 07h30 

La cellule audits et dossiers d’objectifs (CADO) est un des rouages stratégiques du GIGN puisque les missions de cette cellule consistent à auditer des sites sensibles, établir des dossiers d’objectifs, mais aussi être en appui du groupe d’intervention en cas de crise.

« La CADO a 4 missions principales : la première qui représente 70 % de notre travail consiste à établir des dossiers d’objectifs. Un dossier d’objectifs, c’est une photo à l’instant T d’un site. L’objectif de ce type de dossier est de collecter un maximum d’informations sur un site sensible afin qu’en cas de crise nous puissions intervenir dans les meilleures conditions possibles. Notre seconde mission consiste à réaliser des audits de sûreté : notre objectif est d’identifier les vulnérabilités du site et d’établir des préconisations qui seront hiérarchisées et adaptées, en lien avec l’état de la menace et l’analyse des risques. Notre troisième mission est une mission d’appui en cas de crise : elle consiste à fournir aux personnels de l’unité un maximum d’informations sur la configuration des lieux. Enfin, notre quatrième mission est une mission d’information et de formation. »

La CADO a en charge d’établir des dossiers d’objectifs ou des audits sur de nombreux sites stratégiques, qu’il s’agisse de palais nationaux, de prisons, d’aéroports, de centrales nucléaires, de sites de l’armement, des moyens de transport en tout genre… mais aussi en phase préparatoire de grands évènements. « Très prochainement, nous allons commencer à travailler sur le nouvel Airbus qui va être commercialisé, afin de connaître les moindres particularités de l’appareil, notamment celles qui pourraient nous permettre d’intervenir à son bord. Nous travaillons également sur de grands évènements tels que la Coupe du monde de rugby de 2023 et, bien entendu, les Jeux olympiques de 2024. Par le passé, nous avons établi des dossiers d’objectifs pour la Ryder Cup en 2018 ou bien encore pour le G7 de Biarritz. »

Le dossier d’objectifs doit permettre de comprendre la configuration des lieux et d’en établir une cartographie, de savoir si des moyens de vidéoprotection sont déployés sur le site et s’ils sont accessibles depuis l’extérieur par exemple. « Nous allons chercher à identifier tous les obstacles que pourrait rencontrer le groupe d’intervention telles que des portes blindées ou par exemple des zones dangereuses. Lors de notre mission, nous chercherons également à identifier toutes les composantes qui pourraient assister le groupe dans sa progression. »

Pour réaliser un dossier d’objectifs sur des sites sensibles comme Matignon ou le Sénat, les gendarmes de la CADO passent environ une semaine sur le site, de jour comme de nuit, et ont besoin de plusieurs semaines afin de finaliser le dossier.

La cellule est également projetée de manière régulière à l’étranger pour y effectuer des audits afin de rehausser le niveau de sûreté. « Notre cellule a été projetée en Arabie saoudite pour y auditer une école française, mais aussi en Nouvelle-Calédonie, dans le cadre du referendum, pour passer en revue le niveau de sûreté des casernes de gendarmerie. Nos activités nous ont conduits aussi au Sahel pour une mission au profit d’une base militaire. »

Au côté des missions de dossiers d’objectifs et d’audits, la CADO intervient également en période de crise. « En phase de crise, notre mission consiste à recueillir, analyser et exploiter un maximum de renseignements sur le lieu de la crise, notamment en réalisant de la cartographie opérationnelle, que nous transmettons au fil de l’eau aux personnels engagés sur la mission. Si nous ne disposons pas des données dans notre base, nous mettons tout en œuvre pour collecter les informations le plus rapidement possible. Le 13 novembre 2015 lors des attaques de Paris, nous avons été prépositionnés dans un premier temps dans la caserne des Célestin afin d’assister si nécessaire le RAID et la BRI-PP, avec une pré-alerte concernant Châtelet-Les Halles. J’ai alors appelé immédiatement l’officier de prévention de la BSPP (Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris) et je lui ai demandé de me faire des photos des plans du Bataclan et de Châtelet qu’il m’a envoyés sur mon smartphone, plans que j’ai immédiatement adressés aux opérateurs du groupe d’intervention.

Enfin, la CADO a également une mission de formation et d’information. Dans ce cas, l’objectif est notamment de sensibiliser des entités recevant du public ou potentiellement sensibles, qu’elles soient publiques ou privées, sur l’importance de mettre en place au minimum une procédure opérationnelle de récupération de plans en cas de crise majeure avec le GIGN. L’idéal étant ensuite de centraliser les plans d’évacuation ou d’intervention, puis enfin de constituer en amont, des dossiers d’objectifs. Le dossier d’objectifs – qui est une appellation propre à l’armée – se nomme dossier d’aide à l’intervention (DAI) pour les unités d’intervention de la police nationale. Afin de pallier ces différences d’appellation, le GIGN, et le RAID ont ensemble décidé de nommer ce type de dossier : dossier d’intervention (DI). « En 2016, avec le RAID, nous avons établi une trame commune de dossier d’intervention. La centralisation des plans et la réalisation de ces DI sont déterminantes pour toute unité d’intervention, car nous avons les mêmes besoins. Nous insistons beaucoup sur cette trame commune GIGN-RAID, afin de montrer que ce travail est utile pour toutes les forces de l’ordre. Ces DI peuvent même être utiles pour d’autres services de secours tels que les pompiers »

Pour la CADO, toutes les informations que la cellule peut collecter en dehors d’une période de crise sont tout simplement cruciales, car ce sont ces informations qui permettront en cas de crise de gagner un temps qui sera alors très précieux pour sauver un maximum de vies dans cette guerre du temps. « Il est essentiel pour nous que les entreprises publiques et privées deviennent de véritables partenaires du GIGN dans la constitution de ces dossiers d’objectifs. »

« Pour ce faire, nous avons élaboré un canevas et un dossier méthodologique. La constitution du dossier est plutôt rapide et nous avons tout mis en œuvre pour simplifier au maximum la démarche. De manière très concrète, il suffit de répondre à un certain nombre de questions telles que les coordonnées GPS du site, de fournir des plans au format PDF, des numéros de téléphone des principaux responsables, d’identifier les différents organes de protection mécaniques et électroniques, etc. »

Une fois constitué, le dossier d’intervention doit être remis à l’unité locale de la gendarmerie ou au commissariat qui stockeront le dossier dans une base de données ad hoc. « Nous conseillons également aux entreprises de stocker le dossier d’intervention sur un drive répondant à tous les standards en matière de RGPD. L’objectif est que nous puissions avoir accès à ce type de dossier de manière extrêmement rapide en cas de besoin. Si l’entreprise le souhaite, elle peut nous donner de manière préventive un accès distant à la plateforme drive, ce que certaines entreprises ont déjà fait. Cela nous permettra d’être encore plus efficients. »

Une telle démarche est essentielle pour le GIGN, car avec un accès quasi immédiat à ces informations, les opérateurs du groupe d’intervention peuvent ainsi dessiner leur schéma tactique lors de leur projection. Si l’entreprise revêt une sensibilité particulière, elle peut entrer en contact avec les référents sûreté de la gendarmerie ou de la police qui, selon un protocole défini, pourront leur porter assistance concernant l’élaboration d’un diagnostic de sûreté. Il ne peut être que souligné que de telles démarches s’inscrivent complètement dans le cadre du continuum de sécurité qui a été défini par le ministère de l’Intérieur.

Enfin, la CADO a échangé avec le réseau Atlas qui fédère les différents groupes d’intervention européens afin de partager des informations et ce process, l’objectif étant de pousser à son paroxysme la collecte d’informations qui est, dans bien des cas, synonyme de vie sauvée.

Le parcours de G.B

G.B. a 18 ans de service au sein de la gendarmerie nationale. Il est auditeur de l’INHESJ et a rejoint le GIGN il y a 10 ans et intervient depuis maintenant 8 ans au sein de la CADO.

 

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